Bonjour les mordus de pêche en mer.

La pêche en bord de mer nécessite de l'expérience pour avoir de bons résultats régulièrement. Mais il y a toujours cette part de chance importante dans notre passion qui fait qu'un touriste peut vous mettre une fessée...! Voici l'histoire de Bruno qui j'en suis sur va vous rappeler des souvenirs :

"Bonjour Mickaël.

Voilà quelques semaines, que je ne suis pas venu te relater une de mes sorties, c'est donc ce que je viens faire. Les parties de pêche l'été sont parfois cocasses, et je viens encore de l'apprendre. La totalité de ce récit est authentique, et je n'ai pas eu besoin d'enjoliver la réalité, tant elle peut-être surprenante.

D'ordinaire, à partir du 14 juillet et jusqu'à fin aout, je m'interdis les parties de pêche à la mer la journée, afin de partager notre belle bleue avec les touristes, et ne vais pêcher que la nuit.

Une fois n'est pas coutume, et comme les résolutions sont faîtes pour ne pas être respectées...En ce 5 aout, après quelque jours de vent du nord, la météo annonce un petit marin de 30km/h qui ne me laisse pas insensible. De plus, j'ai en réserve quelque mourons, quelque vers US et quelque crabes qui ne demandent qu'à prendre la route de la mer.

Arrivé à 6h30 au bord de l'eau, je dois bien me rendre compte que j'ai dû regarder la météo de travers, la mer est aussi plate que la poitrine de ma voisine... oups, désolé, l'eau est très claire et il n'y a pas le moindre souffle d'air. La tâche s'annonce ardue, pour ne pas dire impossible.

En avançant je vois qu'il y a deux confrères sur le spot. Pas de problème, je connais bien les lieux, je vais me mettre un peu plus loin. Le premier pêcheur, un touriste semble t’il, a des allures de Aldo Machione, a adopté une tenue très légère, tendu deux lignes, et semble plus préoccupé par sa future séance de bronzage que par la pêche. Le deuxième, fort sympathique, un autochtone à l'accent du terroir roule les "R", genre Walter Spanghero, avec tout de même 50 cm et 50 kg de moins.... a lui tendu trois cannes eschées de couteaux fraichement ramassés, et ne semble pas être venu là pour enfiler des perles.

Après avoir mis trois cannes à l'eau, mourons et vers US, l'attente commence. En fait, l'attente va se poursuivre pour nous trois au moins trois heures sans la moindre touche. Comme les vaches regardent passer les trains, nous regardons le ballet des bateaux de plaisance qui prennent la mer. A la vue de toutes les cannes montées avec des trains de plumes et des flottilles positionnées à certains endroits stratégiques, les maquereaux doivent-être de la fête.

Vers 10h45 un des grelots de notre touriste, le fameux Aldo, nous allons l'appeler comme ça, commence à chanter. Ce dernier s'empare de sa canne, ferre, pique un poisson qui semble joli, et, à grands coups de manivelles, treuille sa prise vers le rivage. Notre bon et valeureux Walter, ça c'est notre autochtone, très élégamment, se propose d'épuiser ce providentiel poisson, ce qu'il fera d'ailleurs sans trembler, et c'est une dorade d'environ 800g qui est sortie sans trop de ménagement de l'eau. Et que croyez-vous qu'il se passe ???? Pendant que notre super héros, ce bon Walter, tient encore dans ses mains épuisette et dorade, une de ses cannes se plie pratiquement à 90°, puis d'un coup, revient à la verticale. Notre bon Walter vient de se faire négocier un 25/100 à la touche. Un peu dégouté...Il change son bas de ligne, remet un couteau, et les affaires reprennent.

Aldo, le touriste, sûrement très satisfait de sa pêche et ce superbe poisson, a décidé de prendre la position du guetteur aérien, avec les yeux fermés, avec probablement comme objectif brûlure au 2ème degré et option gros mal de crâne, car il fait déjà plus de 30°C.

Un quart d'heure plus tard, rebelote, le grelot se met à chanter et la canne à plier grave. Walter va siffler, crier pour ne pas dire gue..er pendant au moins 15 secondes avant de sortir des bras de Morphée qui vous savez. Ferrage dans le cirage, mais réussi, canne pliée, gros treuillage, la routine, Walter reprend son épuisette, et lui louche cette fois un poisson qui avoisine les 600g. Si, si, c'est possible, et même que ça agace...

Walter tient son épuisette ainsi que la dorade de notre héros du jour, et passe un regard par-dessus l'épaule. Et là que croyez-vous qu'il voit ??? Cette fois, ce n'est pas une canne, mais deux qui s'agitent frénétiquement. Le temps à Walter de se débarrasser de tout son fardeau et remonter jusqu'à ses cannes, les dorades sont parties avec les couteaux, et ont laissé le malheureux avec des idées de suicide...

Venant discuter avec moi, nous émettons l'hypothèse qu'un banc de dorades voyage d'un poste à l'autre, et que les touches de son voisin doivent annoncer les siennes.

Notre touriste vraiment satisfait de lui, et il y a de quoi, je n'ai toujours pas vu une touche, et mon voisin a toujours le bec dans l'eau, a repris la position du cafard ayant pris une dose d'insecticide (pas de marque)

Et peut maintenant prétendre à une brûlure digne de ce nom.

Dix minutes plus tard, re-grelot, retouche...Walter, certainement un peu dégoûté....décide de lui tourner le dos, de le laisser se débrouiller tout seul, et surtout de ne pas le réveiller. Aldo, se sort tant bien que mal de sa torpeur, et ferre un troisième poisson qui finit juste par nous faire regretter de nous être levé si tôt le matin, et surtout d'avoir eu l'idée d'aller à la pêche.... Il se dirige, épuisette à la main vers le bord de l'eau, glisse, manque de se rétamer sur les rochers, donne un grand coup dans la canne, et perd son poisson. Il ne s'est pas fait mal, c'est l'essentiel. Je passe sous silence les idées peu sportives qui me passent dans la tête après la perte ce poisson...

Walter, l'œil du lynx qui va fondre sur sa proie, ne quitte pas ses cannes du regard. Ce que nous pensions arrive. Les dorades se sont effectivement déplacées, il ne manquera pas l'unique touche de la matinée, et j'irai avec plaisir lui épuiser un poisson, plus petit certes, mais de taille et de poids fort honorables;

Quant à moi, il aura fallu que je sorte les doigts du trou du c.l pour prendre ces quelques poissons, une dorade juste maillée qui a avalé et saigné, et que je pourrai malheureusement pas faire repartir, et quatre autres poissons de 350g à 500g. Il aura fallu que je jongle avec la couleur des plombs, la longueur des bas de lignes, les appâts, les distances de pêche, alors que notre adepte du bronzage nous en a mis, plein les yeux.

Alors promis, je n'irai plus pêcher à la mer la journée jusqu'à fin aout..... A moins que, mercredi prochain, la météo locale annonce un petit marin à 30km/h avec rafales à 40km/h....Bon on verra !!"

Bruno, Walter et Aldo
Bruno, Walter et Aldo

Tout d'abord merci Bruno pour nous avoir fait partager cette belle journée de pêche. Quelle belle histoire et quels bons enseignement à en tirer... Je comprends que vous ayez eu les boules de voir Aldo remonter poissons après poissons tout en faisant la sieste!!!

Finalement tu t'en ai quand même pas mal sorti et surtout tu garderas ces souvenirs longtemps en mémoire. Cela fera un belle histoire de pêche de plus à raconter autour d'un bon repas.

Vive la mer, vive la pêche en mer, vive le surfcasting.

P.S.: ci-dessous vous trouverez une belle canne a un très bon rapport qualité prix pour la recherche de la belle aux sourcils d'or en plage...

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